2002/04/25 – Andre e Hugo concedem entrevista à site Francês do SHAMAN

Jeudi 25 Avril 2002.

Jeudi 25 avril 2002, Andre a une nouvelle fois eu la gentillesse de nous rencontrer. C’est dans le salon d’un bel hôtel parisien que nous rejoignons le sympathique chanteur brésilien, accompagné à notre grande surprise par Hugo, le guitariste de Shaman. Deux jours avant le premier concert de Shaman post studio (en Espagne), nous revenons avec nos deux hommes sur le tout récent enregistrement du groupe… Si récent qu’Hugo écoute même pour la première fois les versions non mixées de Ritual sur notre discman !
Interview réalisée et traduite par la French Ritual Team.

Ecouter l’intro de l’interview


Vous avez quitté l’Allemagne il y a un mois. Comment s’est passée la fin de votre séjour au Gate Studio ? 

Andre : C’était très… stressant. J’ai été très occupé jusqu’au dernier instant. La semaine dernière a d’ailleurs été un véritable cauchemar, il a fallu tout terminer dans les temps pour que je puisse rentrer chez moi, et que nous puissions nous envoler pour le Japon a la fin de la semaine. Tu vas me dire que nous aurions pu aller directement de l’Europe au Japon, sans repasser par le Brésil, mais il fallait que nous retournions chez nous pour répéter. Nous partons demain pour l’Espagne, où nous jouerons dans un festival, or nous n’avions pas répété depuis longtemps, et le clavieriste qui nous accompagne sur scène ne connaît pas encore bien les nouveaux morceaux. Nous avons donc passé 13 jours au Brésil, puis nous sommes allés au Japon, et là nous allons en Espagne. J’étais prêt à rester encore un peu en Allemagne pour donner un coup de main à Miro, mais ça n’était pas nécessaire.

On se demande un peu où est ton « chez toi », quand même… (sourire) 

Au Brésil ! Il m’arrive de rester très longtemps en Allemagne, mais ma maison est au Brésil. Et j’espère qu’il en sera toujours ainsi.

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A propos du Japon, comment s’est déroulé votre voyage de promo là-bas ? 

Il a duré 4 jours. C’est court, mais je peux te dire que c’était bien rempli ! Le meilleur moment fut notre rencontre avec les fans. C’était une sorte de conférence où 200 fans étaient invités, suite à un courrier qu’ils devaient envoyer pour gagner un concours. Les gagnants pouvaient y assister et nous poser des questions. En fait c’est comme une conférence de presse, mais pour les fans, pas pour la presse ! Une conférence de presse peut être un peu ennuyeuse pour les journalistes. Mais les fans ont posé des questions très intéressantes et très sympa. Puis nous avons joué un set acoustique de 3 titres.

Lesquels ? 

Hugo : « For Tomorrow », « Fairy Tale », et « Carry on ».
Andre : Les fans ont vraiment apprécié que nous jouions comme ça, pour eux. Nous avons ensuite discuté avec eux, en écoutant quelques morceaux.
Hugo : 4 morceaux.
Andre : A la fin, ils sont venus nous serrer la main, c’était vraiment génial. Ils semblaient avoir vraiment aimé ce qu’ils venaient d’entendre, et nous ont fait des commentaires très positifs sur l’album.

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Hugo, c’était l’occasion pour toi de rencontrer tes premiers fans. Quelles étaient tes impressions ? 

Hugo : C’était bien, vraiment très bien ! Une nouvelle expérience, on peut dire. Et j’ai apprécié… beaucoup !

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J’ai entendu dire que vous étiez un peu en retard pour le mix de l’album ? 

Andre : Il y a des choses sur lesquelles il est difficile de se prononcer à l’avance, comme par exemple savoir si tout sera prêt à temps. La principale raison ici est que nous voulions toujours plus d’instruments différents sur l’album. Je travaillais sur les claviers, tandis que Sascha essayait du nouveau matos [NDWill : désolé, celle-là je ne m’en lasse pas !] de mixage, ce qui a fini par donner un très bon résultat. Mais ça a aussi retardé le mix, hélas. Cela dit, le disque sortira bien le 2 juillet, comme prévu, ne vous en faites pas ! Le seul problème c’est que nous n’avons même pas de version promo de l’album à faire écouter aux gens. Mais bon, chacun sait que tout faire pour terminer un projet dans les temps implique quelques sacrifices.

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Vous jouez en Espagne dans 2 jours. Vous devez être impatients de remonter sur scène… 

Carrément ! C’est une occasion particulière, car nous serons présents au festival en temps que special guest. Il s’agit du plus grand festival espagnol, nous partagerons l’affiche avec les plus grands groupes nationaux comme Tierra Santa et Bajon Rojo. C’est une sacrée responsabilité pour nous, de devoir percer dans un pays où Angra n’a jamais été très populaire.

Ecouter l’enregistrement

Jouerez-vous des nouveaux morceaux ? 

Nous en jouerons pas mal de nouveaux, ainsi que quelques vieux titres que j’ai composés chez Angra.

Comptez-vous jouer des titres de Viper, à l’avenir ? 

Oui ! Mais pas cette fois. Etais-tu au festival NTS ? [Ndnous : le 31 mars 2001]

Oui… 

Nous y avions joué un morceau de Viper. Nous ne savons pas encore si nous rejouerons ce morceau ou autre chose du répertoire de Viper, mais nous voulons vraiment en jouer…
Hugo : …3 ou 4 ! (sourire)
Andre : C’est un grand fan !

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Andre, nous avons déjà eu un long entretien avec toi le mois dernier. Entre temps, j’ai eu la chance de pouvoir jeter une oreille sur Ritual, que j’ai écouté une bonne dizaine de fois. Alors si tu veux bien, on peut maintenant faire une petite analyse de chaque morceau ? 

Ok, si tu veux. Mais j’aimerais bien écouter la version finale, car je ne sais pas si tout ce que nous avions prévu s’est bien retrouvé sur le disque, ni comment ça rend. C’est Sascha qui s’occupe du mix, et je lui fais confiance. Mais bon, on peut toujours parler des morceaux dans leurs grandes lignes…

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Très bien. Le premier est « Ancient Winds », une intro plutôt longue, que je qualifierais d’assez tribale, avec beaucoup d’orchestrations. Pourquoi une si longue introduction à l’album ? 

Je tenais à ce que celui qui écoute l’album soit baigné dans une atmosphère particulière, et ce rôle de mise dans l’ambiance incombe à l’intro. Evidemment, si votre introduction dure 20 secondes, ça ne risque pas de fonctionner. Voilà pourquoi celle-ci est si longue. Je t’avouerai même que je ne la trouve pas encore assez longue, si ça tenait à moi, elle durerait encore bien plus ! C’est un peu comme la bande-son d’un film, c’est complètement atmosphérique, et cela exige de se déconnecter totalement du monde réel pour pouvoir se mettre dans l’ambiance. On entre de plain-pied dans un monde de magie… C’est l’effet que l’intro est censée produire, à l’aide d’arrangements somptueux, d’orchestrations, et de la diversité des instruments, folkloriques et modernes. L’idée derrière les instruments, c’est de t’emmener dans un voyage à travers le monde, à travers le temps. Tout ceci dégage un feeling mystique et atmosphérique. Je pense donc qu’après avoir entendu ça, tu es prêt à te plonger dans le concept de Ritual.

Comme le début d’un concept-album, ça annonce les morceaux suivants… 

C’est une sorte de préface. Comme dans un livre : tu lis la préface, et tu peux commencer à lire le livre lui-même.

Ca me fait l’effet d’un film, on dirait que vous introduisez une histoire… 

C’est un peu comme si on présentait tout l’album en 3 minutes, puis les autres morceaux viennent raconter l’histoire.

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Si, un beau jour, un producteur de cinéma t’appelait pour te demander d’écrire la bande originale d’un film, serais-tu d’accord ? 

C’est mon rêve ! J’espère vraiment pouvoir faire ça un jour…

Pour quel genre de film ? 

N’importe, pourvu que Sylvester Stallone n’y figure pas ! (rires)

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On dirait que les 2 chansons suivantes apportent une définition de ce qu’est la musique de Shaman… On y trouve un gros son, des orchestrations dans tous les coins, et un chant agressif… 

C’est une définition, en effet, mais qui n’est que partielle. Tu peux trouver d’autres aspects dans d’autres morceaux. Par exemple, il y a des passages plus calmes, avec du chant plus doux. Les orchestrations ne sont pas tout… Bien sûr, le côté symphonique tient une grande part de notre musique, mais le côté roots est également très important. Dés le second titre, « Distant Thunder », cet aspect se fait sentir, notamment grâce aux flûtes. Cette chanson parle des Indiens d’Amérique du nord.

Lorsque j’écoute ce morceau, je pense à des canyons, aux grandes plaines de l’Ouest… 

Oui, tu as bien vu, c’est exactement ça l’idée ! Tu connais Enio Morricone, le compositeur de musique de films ?

Oui… 

Il a écrit les plus célèbres thèmes musicaux de westerns. Le début de « Distant Thunder » est fortement inspiré du style de Morricone. Quant aux paroles, elles traitent d’Indiens, de tempêtes, et de nature en général. C’est également un titre assez atmosphérique, et le côté roots fait déjà son apparition. Le titre le plus rapide, « Here I am », est sans doute celui qui se rapproche le plus du style du vieux Angra. Il est un peu dans la continuité. C’est à dire qu’il est très symphonique et heavy à la fois, avec de splendides passages lyriques de chant féminin et de piano à queue, surtout vers le milieu de la chanson, avant le dernier refrain. Le tout est assez mélodique, car nous voulons garder des éléments de la musique que nous avons l’habitude de jouer, tout en y ajoutant des aspects neufs.

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Hugo, parlons maintenant de ton premier solo. Nous étions impatients d’entendre ça, et il semble qu’Andre avait raison lorsqu’il nous disait, le mois dernier, que tu avais un sacré feeling, tout en étant capable de ne pas frimer avec une avalanche de technique… 

Il a la technique, car il est capable de jouer à l’identique les anciens morceaux que j’avais écrits dans Angra, mais il préfère ne pas se la péter. Il trouve ça trop chiant de jouer comme s’il faisait des exercices. Hugo : Je n’aime pas ça. Pour moi, le solo est très important, car il prend le relais dés que le chant s’arrête… (Ayant quelques soucis avec la langue anglaise, notre ami se tourne vers Andre pour lui expliquer, en Portugais, ce qu’il veut dire)
Andre : En fait il reprend le rôle du chant. Je trouve que, lorsqu’il joue un solo, on peut chanter par-dessus. En tant que chanteur, mais également en tant que public, j’ai toujours préféré le genre de solo que tu peux accompagner au chant, c’est pourquoi j’aime tant les solos qu’on entend chez Maiden, Priest ou Queensrÿche… Ces groupes n’ont pas de guitar-heroes super virtuoses, et c’est très bien comme ça.

Tu n’aimes pas les solos de John Petrucci ? (Sourire. La question s’adresse plutôt à Hugo, car nous avons déjà parlé de Petrucci lors de notre précédent entretien avec Andre)

Eh bien… c’est trop rapide pour moi ! (rires)
Hugo : Tu peux toujours jouer vite, mais ça rend les choses…
Andre : En fait John Petrucci est le maître en la matière, car il sait jouer très vite, mais il n’est pas bête, il ne fait pas ça pour la frime. De plus, il est assez mélodique. Je peux donc chanter sur ses solos. Je le répète : pour moi, si je peux chanter un solo de guitare, alors il me plait.
Hugo : Même chose pour moi.
Andre : Cela dit, on trouve également sur notre album des solos de Hugo très rapides !
Hugo : Sur le premier titre, notamment…

J’adore le solo de « Pride » 

Il est très rapide également.

Oui, mais il est trop court !

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Andre, parlons un peu de ta voix. Elle m’a surpris…

Andre : Moi aussi ! (rires)

On dirait un mélange entre le style de chant que tu avais chez Angra, celui que tu as développé avec Virgo, et des influences à la Dickinson/Halford… Qu’est-ce qui t’a poussé à modifier ton style ? 

Tu sais, il y a des gens qui trouvent que ma façon de chanter actuelle se rapproche plus de celle que j’avais du temps de Viper, que de toute autre période de ma carrière. Et je crois que c’est vrai, car la voix doit coller à la musique. Or, notre musique – je ne parle pas des arrangements, mais de ce que joue le groupe directement – est plus heavy qu’avant. Alors ma voix doit suivre. Je n’ai pas vraiment choisi ce style dés le départ. J’ai essayé de chanter de différentes manières, et il s’est avéré que celle-ci s’est imposée. Ca m’est d’ailleurs assez naturel de chanter comme ça, aujourd’hui. Je serais même tenté de parler d’évolution logique. Cela dit, la première fois que j’ai écouté ce que ça donnait, je me suis dit : « Mon Dieu, c’est trop ! On ne va pas me reconnaître ! »

Et pourtant on te reconnaît ! 

Je crois, oui… D’autant plus que je ne chante pas comme ça sur tout le disque, il y a des passages où je chante comme d’habitude. Je crois que ça passe plutôt bien. Sascha me disait : « Ne t’en fais pas, je te jure que les fans vont adorer ! » Je l’ai cru, maintenant on va voir s’il avait raison !

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On dirait aussi que ta tessiture s’est élargie, tu sembles capable d’atteindre des notes bien plus aiguës et bien plus graves qu’avant… 

Sur « Fairy Tale », qui est une chanson assez lente, je commence très bas, aussi grave que je peux. Ce titre est intéressant car il montre toute l’étendue de ma tessiture. Tu as un couplet très bas, puis le second refrain est extrêmement aigu. C’est un morceau qui contient beaucoup d’émotion, je l’ai d’ailleurs écrit quasiment seul. « Fairy Tale » et « Here I am » sont les titres que j’ai écrits seul, en gros. Mais tout le groupe est crédité, car nous avons passé beaucoup de temps à composer ensemble, alors nous préférons partager les crédits, afin de souligner que c’est un travail d’équipe. Ca ne fait rien si j’ai écrit 1 ou 2 titres seul, car au final c’est tout le groupe qui les joue, ainsi c’est une oeuvre collective. C’est cet esprit qui manquait à Angra sur la fin, il fallait débattre sans arrêt, alors aujourd’hui nous favorisons l’équité. En fait « Fairy Tale » est une vieille chanson, qui aurait dû être enregistrée par Angra. Bien sûr, elle a été modifiée entre temps, surtout au niveau des arrangements, il y a eu quelques ajouts. Mais j’ai dû l’écrire vers 1998. Il était question qu’elle figure sur Fireworks, mais ça ne s’est pas fait. Même chose pour « Here I am », qui doit dater de 98 ou même avant. Aujourd’hui, je n’en ai gardé que le thème principal des choeurs, et le chant.

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« Fairy Tale » est très intense, elle me rappelle « Deep blue »… 

Le fait est que cette compo est très profonde, très personnelle. Je trouve qu’elle a une âme, c’est pourquoi j’ai été très déçu quand notre producteur de l’époque [Ndnous : Chris Tsangarides] a refusé qu’elle apparaisse sur Fireworks car elle ne lui plaisait pas vraiment. Mais avec le recul je suis heureux que nous ne l’ayons pas utilisée à ce moment-là, car elle sonne bien mieux aujourd’hui que ce qu’elle aurait pu donner si nous l’avions enregistrée en 98. Ce morceau avait besoin de temps pour mûrir, lui aussi. Je pense que le moment est venu.

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Ce titre contient beaucoup de piano ! 

Tu trouves ?

Oui, c’est même le cas pour tout l’album. Par exemple, dans « Here I am », on l’entend accompagné d’une voix de femme, ce qui crée une atmosphère assez mystérieuse, comme dans un film d’horreur… 

C’est vrai que la mélodie est ici faite pour te coller des frissons.

Je suppose que toutes ces parties de piano étaient très importantes à tes yeux ? 

Je crois que c’est ma « patte » d’allier chant et piano. J’ai laissé beaucoup de place au piano dans Virgo, et je tiens à faire de même dans Shaman, comme une sorte de signature. Je ne pense pas que beaucoup de chanteurs soient capables de faire les 2 à la fois à haut niveau, et j’ajoute que je ne suis pas seulement chanteur, le piano étant mon instrument d’origine. Quand je me suis lancé dans la musique, j’ai d’abord appris le piano, et c’est encore ce que je préfère. Crois-moi, le piano est ma plus grande passion, avant le chant. Jouer du piano et de la musique classique a toujours été mon rêve. Au départ je voulais d’ailleurs devenir joueur de piano classique, mais ça n’a pu se faire car le groupe commençait à avoir du succès, et je ne pouvais mener de front une carrière dans le classique et une autre dans le rock, je n’avais pas le temps. Cela dit, je rêve toujours qu’un jour je pourrai jouer des concertos en public, et que j’aie le temps de m’entraîner.

Comme Freddie Mercury ? 

Comme Freddie Mercury. Un point commun ! (sourire)

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Les 3 morceaux suivants étaient sur la demo de Shaman : « Time will come », « Blind Spell », et « For Tomorrow ». Ce dernier a beaucoup changé, par rapport à la version demo. On trouve maintenant un riff bien thrashy avec des harmonies juste après l’intro… 

Ca parle du Pérou. Le concept de la chanson repose sur la civilisation Inca : comment elle est apparue, et comment elle a disparu.

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Ce riff thrashy nous rappelle que les influences musicales de Shaman sont vraiment nombreuses ! 

Le côté thrash nous vient principalement d’Hugo. Il a commencé par jouer et chanter du thrash. Dans son premier groupe, il jouait et chantait comme James Hetfield.

Au fait, tu as déjà chanté « For whom the Bell tolls ! 

Hugo : Ah oui, à Sao Paulo !
Andre : Et les gens trouvent qu’il chante très bien, que c’est un grand frontman, et qu’il est vraiment excellent en matière de thrash. Ses rythmiques ont un côté très puissant et très agressif. C’est bien lui qui nous a apporté une touche thrashy sur certains riffs. Cela dit, il ne nous a pas apporté que cela, le côté progressif vient également de lui.

Je trouve « Over your Head » très progressif, au fait. 

Oui, c’est progressif, mais il y a un côté très roots également dans cette chanson, à cause des percussions et du solo de violon. Mais il y a également le solo de claviers joué par Derek Sherinian [ex-Dream Theater].

J’adore la cornemuse de « Time will come »… 

Oui, c’est très beau, ça rend vraiment bien ! De plus, ça a été joué par de vrais instruments, c’est du 100% authentique !

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Nous en arrivons à « Pride ». On trouve ici une énième influence, celle du heavy des années 80, à la Judas Priest, entre autres. 

Oui, à la Judas Priest, ou à la Motörhead, également.

Ta voix est plus que jamais proche de celle de Rob Halford. Un retour aux origines du heavy-metal ? 

Absolument. « Pride » est un morceau très spontané, nous l’avons composé directement au studio, alors que nous étions sur le point d’enregistrer l’album. Sascha nous disait : « Eh les gars, ce serait bien si on avait un titre vraiment rapide, histoire de bien clore l’album. » Peu de temps avant, les autres s’étaient amusés à jammer sur du Motörhead. Alors nous nous sommes dit : « Et si on écrivait un morceau dans ce style, bien rapide et bien heavy ? » Je me suis alors remémoré le style de chant d’Halford, ainsi que la fois où nous avions enregistré cette reprise de « Painkiller », et j’ai décidé de reprendre ce type de chant, avec le plus d’agressivité possible, à la limite de ce que je pouvais faire. Ca s’est avéré très bon, d’autant plus que nous avons eu l’apport d’un autre chanteur, venu chanter en duo avec moi. Il était d’abord question qu’il vienne au studio plus tard, afin d’enregistrer quelques choeurs et deuxièmes voix, mais en discutant avec Sascha nous avons établi qu’il serait encore plus cool de chanter carrément un morceau entier en duo, et c’est ainsi que « Pride » est chanté par Tobias Sammet et moi-même. Ca rend génial, car Tobias est un grand chanteur, en plus d’être un très bon ami, ce qui donne une ambiance chaleureuse au morceau. Je crois que ça plaira beaucoup. C’est le dernier titre de l’album, le numéro 10. Avec sa puissance et sa rapidité, il met un point final à l’ensemble.

Tu nous disais la dernière fois que Luis faisait partie des choristes sur ce morceau… 

C’est uniquement sur l’intro. Une intro un peu spéciale, avec de l’orgue d’église et une chorale. Luis chante avec cette dernière, et il se débrouille très bien. La première voix est la sienne.

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Cet ensemble d’instruments folkloriques, tout au long de l’album, confère vraiment à votre musique une atmosphère particulière, voire magique… 

Carrément ! Nous pensons avoir créé un nouveau style de heavy metal, qu’on pourrait appeler du « mystic metal » et, qui sait, peut-être qu’un jour, quand les metalleux iront dans un magasin de disques, ils trouveront un rayon «mystic metal » ? (rires) Cette définition nous semble vraiment appropriée : c’est un album très mystique, un concept un peu abstrait, qui parle de rituels, de religions, et de différentes époques de civilisations de par le monde. En tant que Brésiliens, nous sommes particulièrement sensibles à ce genre de spiRitualité. Je pense qu’il est grand temps d’apporter un peu de lumière sur la scène metal, car tout est si sombre aujourd’hui, si répétitif, que nous nous sentons obligés d’apporter un peu de fraîcheur, de nouveauté, et de tenter d’amener les gens à quelque chose de plus positif.

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Comment avez-vous rencontré tous ces invités qui figurent sur l’album ? 

Certains sont des amis, comme Tobias, Derek, ainsi que Marcus Vania, un violoniste brésilien qui joue dans le groupe de prog Sagrado, et qui a fait un boulot super sur l’album. Nous recherchions des gens sachant jouer de la cornemuse, de la musique péruvienne, des percussions arabes, des instruments baroques, etc. C’est aussi une des raisons pour lesquelles nous avons beaucoup d’invités sur l’album, chacun ayant un peu contribué dans sa spécialité. Au final, tout est coordonné dans un grand tableau d’ensemble. Les sessions d’enregistrement étaient réparties entre l’Allemagne d’une part, pour la musique et quelques parties vocales d’invités, et l’Amérique (Brésil et USA) d’autre part, pour les parties d’autres invités.

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Je reviens au solo de Derek Sherinian : a-t-il voulu jouer avec vous, ou est-ce vous qui le lui avez demandé ? 

En fait c’est venu de lui. Nous l’avons rencontré au Brésil la dernière fois qu’il y est allé, il nous a alors demandé s’il pouvait se joindre à nous en tournée : il voulait jouer sur scène avec nous ! C’était un grand honneur pour moi, car je considère qu’il fait vraiment partie des meilleurs dans son genre. Je lui ai répondu : « OK, ça se fera peut-être dans le futur, mais pour l’instant je voudrais bien que tu viennes jouer un solo sur notre album ». Il m’a dit : « Pas de problème, envoie-moi ta chanson, et je te ferai un solo. » Je lui ai donc envoyé le morceau, et il a fait son solo ! Un solo qui m’a vraiment impressionné, d’ailleurs.

Qui a choisi le morceau ? Vous ou lui ? 

C’est moi, car j’ai pensé que ça correspondait plutôt bien à son style.

C’est vrai ! C’est le plus progressif de l’album. Fabio Ribeiro joue également un solo de claviers… 

Oui, sur « Blind Spell ».

Et c’est excellent, là aussi ! 

Ah ça oui ! Vraiment excellent ! Au Brésil, Fabio est l’un des meilleurs… si ce n’est LE meilleur ! Il a enregistré beaucoup d’albums solo. C’est un claviériste ahurissant, nous aimerions vraiment l’avoir avec nous en tournée.

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Je pense qu’au final, vous êtes satisfaits de l’album ? Je n’ai pas pu écouter tout l’album, et Hugo est en train de l’écouter pour la première fois. [NDnous : Peu de temps avant l’interview, la maison de disques nous a envoyé les rough mixes de Ritual, et Hugo est en train de les écouter sur notre discman…] Hugo : (rires) Oui, c’est la première fois, notamment pour des morceaux comme « Over your Head ».
Andre (à Hugo) : Et ça te plaît ? (rire général) Même si nous n’avons pas entendu tout l’album, nous sommes très satisfaits. Ce qui m’impressionne, c’est que c’est encore mieux que ce à quoi nous nous attendions lorsque nous enregistrions ! Je voudrais écouter l’album en entier, mais je suis quasi certain que c’est assez proche de ce que j’imagine aujourd’hui. J’espère juste que ça impressionnera également les fans !

Moi en tout cas ça m’impressionne ! 

Ah bon ? Et je suppose que tu fais partie de la frange la plus exigeante de notre public ! Alors si ça t’impressionne toi, je suis content.

Tu peux ! Je suis un grand fan de Holy Land, et Ritual semble être… 

… sa suite logique ! Je pense aussi que c’est l’évolution de Holy Land, c’est ça, l’idée…

Ecouter l’enregistrement

Pour finir, peux-tu nous dire quelques mots sur l’artwork de la pochette, nous éclairer sur le concept ? 

Le concept est très clair. L’album s’appelle Ritual, c’est pourquoi on peut voir une sorte de représentation d’un rituel, avec un feu, duquel se dégage le visage d’un chaman. C’est une super oeuvre exécutée par une artiste qui vient d’Allemagne et peinte à la main. Le dessin original est énorme ! Nous tenions vraiment à ce qu’il soit fait à la main, car aujourd’hui tout le monde crée par ordinateur.

Qu’en est-il du logo ? Pourquoi avoir mis le « A » en évidence ? Y a-t-il un rapport avec le « A » de Angra ? 

Ce n’est pas vraiment un « A ». Nous l’avons utilisé comme tel, mais à l’origine, c’est plutôt un symbole magique. Nous n’avons pas pensé au « A » de Angra, d’ailleurs à l’époque nous n’utilisions pas cette lettre comme symbole. Il se trouve juste que le « A » de notre pochette est avant tout un symbole magique d’une ancienne civilisation… Et si nous avions choisi de mettre en avant le « S », ça aurait trop ressemblé à Sepultura (rires) !

Ecouter l’enregistrement


Shaman devant une caricature ‘Simpsons Like’ du groupe réalisée par Arion.

Ecouter la remise de cadeau au groupe

Fonte: http://theshaman.free.fr/interview/interview_250402.php?lang=1

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